Christian et Marie-France des Pallières, un couple extraordinaire

Découvrez l'incroyable destin des fondateurs de l'association Pour un Sourire d'Enfant

Né en 1934, enfant de famille nombreuse, Christian des Pallières décide à la fin de ses études supérieures de s'engager dans l'armée : 4 ans d'Algérie pendant lesquels il s'efforce de rendre la vie des habitants de Kabylie plus humaine : jeune officier responsable de 10 villages, il en devient très vite l'instituteur aux méthodes originales pour enseigner. Il devra quitter l'Algérie tant aimée dans le chaos et la déchirure. 

Revenu à la vie civile, il entre en 1962 chez IBM puis se marie en 1964 avec Marie-France sans laquelle, dit-il "je n'aurais pu réaliser aucun projet". IBM lui propose un poste au Maroc où ils s'installent à Casablanca de 1970 à 1973. Une caravane rapidement achetée leur permet de sillonner l'Atlas et le Sahara avec leurs jeunes enfants. 

Revenus en région parisienne quelques années plus tard, ils décident de tout quitter et partir en camping-car, "Nainbus", faire le tour du monde avec leurs enfants : ce sera l'extraordinaire aventure en 1977 et 1978 racontée dans ce qui fût en 1984 un best-seller : "Quatre enfants et un rêve" (Editions Nouvelle Cité). Inde, Afghanistan, Moyen-Orient ; dix-huit mois en Asie où leurs enfants apprennent à l'école de la vie. En 1985, ils repartent pour la Chine, toujours en camping-car et reviennent en Transmongolien accompagnés, bien sûr, de leurs quatre enfants.

Christian et Marie-France au centre PSE de Phnom Penh

De retour à la « vie civile » Marie-France travaille comme secrétaire à l’archevêché de Paris et Christian parcourt le monde, toujours pour IBM : Afrique, Océanie. Le couple adopte Wâhed, un jeune afghan. Christian est à l’époque élu président de la Guilde du Raid et se trouve ainsi à Agen, en 1992, lors un Forum d’ONG traitant d’actions humanitaires. A la même époque, IBM lui propose de prendre sa préretraite.

Au cours du forum d’Agen, une association, le SIPAR, lui propose d’aller au Cambodge pour aider à reconstruire l’enseignement primaire totalement détruit par les Khmers Rouges. Christian part sans attendre pour Phnom Penh et va remuer ciel et terre pour faire ouvrir des écoles et former des professeurs. Marie-France le rejoint quelques mois plus tard, leurs enfants ayant pris leur envol.

Christian, sur la décharge de Phnom Penh

Dans la capitale du Cambodge encore secouée par les tirs d’armes et les tensions armées intenses, Ils côtoient tous les jours les petits chiffonniers affamés errant dans les rues à la recherche de nourriture. Lorsque la mission du SIPAR prend fin faute de crédits renouvelés, le couple se tourne tout naturellement vers ces enfants misérables. Ceux-ci vont très vite leur faire découvrir l’immonde et gigantesque décharge de Phnom Penh sur laquelle (sur)vivent des milliers de personnes dont tant d’enfants dans des conditions "indignes de l‘humanité".

A la vue de ce spectacle d’horreur, Christian et Marie-France prennent immédiatement la décision de rester et de "faire quelque chose" pour les sauver. Nous sommes en 1995.

Aujourd'hui, Pour un Sourire d’Enfant compte plus de 6.500 enfants nourris, habillés, soignés et scolarisés. Ils bénéficient ensuite d’une formation professionnelle qui leur assure un métier, un vrai métier. Plus de 4.500 autres jeunes, les « diplômés », qui ont suivi ce cursus sont déjà dans la vie active et, pour la plupart, ont fondé leur famille.

Christian crée l’école de formation professionnelle de l’audiovisuel dont le parrain est le cinéaste Patrice Leconte. Il est l’auteur, avec le photographe Thomas Goisque, d’un album de photos, « Les Pépites », édité en octobre 2016 chez Albin Michel sur l’histoire fantastique de cette aventure humaine.

Un long métrage, « Les Pépites », réalisé par Xavier de Lauzanne, primé au Festival du documentaire de La Rochelle, est sorti en salles le 5 octobre 2016 qui raconte l’histoire extraordinaire de ce couple avec les enfants du Cambodge.

Christian et Marie-France, à qui la nationalité cambodgienne a été attribuée, ont toujours été sur le terrain, vivant parmi les enfants et les quelque 600 salariés Khmers qui assurent le fonctionnement du Centre PSE de Phnom Penh.

Ils sont tous deux Chevaliers de la Légion d’Honneur Française, citoyens d’Honneur de la Ville de Phnom Penh, Grand Croix de l’Ordre Royal du Cambodge, 1er prix "Humanitarian Heroe of the year".

Christian des Pallières est décédé à Phnom-Penh le 24 septembre 2016. Son épouse Marie-France continue sans relâche à assumer l’engagement pris auprès des enfants.

Affiche du film "Les Pépites" de Xavier de Lauzanne